• Gratitude équanime et la force du pardon; 21 déc 2017

    Solstice 21 décembre 2017  - Gratitude équanime et la force du pardon


     

    En cette soirée de solstice d’hiver, nuit la plus longue de l’année, laissez-moi partager avec vous deux histoires… pour réfléchir (juste un peu !)…

    Première histoire :

    Depuis deux ans déjà je traine une dette envers les architectes et ingénieurs qui ont travaillé sur le projet pour notre demande de subvention à TKDK. Le projet n’a pas abouti, mais la dette est restée. 14 000 liras turques. Peu importe les €uros, vous verrez. Tant l’architecte que les ingénieurs ont été si gentils et compréhensifs qu’ils n’ont jamais rien réclamé, connaissant ma situation. Mais je leur ai toujours affirmé que dès que je pourrai, je rembourserai cette dette.

    Le 8 décembre dernier, le terrain Soleil a été partagé avec les jeunes fermiers- ingénieurs- amis. De l’argent est arrivé. Aussitôt j’ai envoyé un mail à Ayshé hanim, la femme architecte pour l’informer de mon remboursement imminent. Et le jour d’après je suis à Bucak.

    Alors que je me dirige vers la banque pour faire le virement nécessaire, mon téléphone sonne, c’est Ayshé hanim.

    -- Allo ? Isabelle hanim ? Comment allez-vous ?

    -- Ah bonjour Ayshé hanim ! Merci je vais très bien, et vous ?

    -- Moi aussi merci. Ah j’ai bien reçu votre message l’autre jour, vous savez…

    -- Ah oui, oui, d’ailleurs j’arrive à la banque là maintenant, je vais faire votre virement, si vous voulez bien m’envoyer votre IBAN ?

    -- Ah… mais c’est que, nous avons discuté hier avec les ingénieurs, bien discuté, et sachant que votre projet de subvention n’a pas abouti, nous nous sentons désolés et nous trouvons injuste de vous demander tant d’argent. Donnez-nous 7000 liras seulement, et ça ira parfaitement.

    -- ?????

    Bien sûr la discussion est en turc… Mais là… Cette nouvelle ??? Je crois que je ne comprends pas bien ce que me dit Ayshé hanim aussi je la fais répéter mille fois !... Et finalement…

    -- Mais alors, je comprends que vous ne voulez pas 14 000 liras ???? C’est bien ça ??? Seulement 7000 ???

    -- Oui, c’est ça Isabelle hanim.

    -- Ah…….

    Suivent des mots de remerciement que je ne sais même pas exprimer assez tant mon cœur déborde de gratitude…. Je sens comme une grâce m’inonder… Un baume…

    Fin de la première histoire.

    Où il est aisé de ressentir la Gratitude.

    Gratitude équanime et la force du pardon; 21 déc 2017


     

     

    Deuxième histoire :

    Un petit retour en arrière :

    Nous sommes en  février 2014. Cela fait un peu plus d’un an que la ferme a brûlé et je suis à nouveau sans argent, avec des frais qui tombent sans arrêt, notamment une énorme dette envers l’avocat du procès. Je suis désespérée, ne sais plus quoi faire, qui appeler, à qui demander. Je voudrais trouver un investisseur qui pourrait m’aider en plaçant de l’argent dans la ferme.  Mais qui voudrait d’une ferme brûlée où il ne reste rien ?????

    En désespoir de cause, je vais à Istanbul voir l’avocat, maître Stéphane.

    Istanbul, lundi après-midi, froid et pluie.

    Emmitouflée dans une grosse doudoune qui me donne une allure de mécanicienne de remonte pente, j’arrive au cabinet de l’avocat comme un cheveu sur la soupe. Les murs en boiseries travaillées, les meubles de style ornés d’objets antiques, la vue panoramique sur le Bosphore et les plus belles places d’Istanbul me font me sentir pataude et immensément lourde dans mes bottes de paysanne. Sans parler de mon désespoir.

    Pourtant l’avocat m’accueille avec une grande gentillesse et il va me donner gracieusement quatre heures de son temps précieux et très cher, simplement pour que nous trouvions une solution à ma situation délicate. Et nous trouvons. A force de palabres, essais, recherches, c’est finalement lui-même qui se propose pour être le support financier. Nous convenons d’une transaction selon laquelle je lui « vends » le terrain Lune (grand terrain où se trouve Durga) pour un prix qu’il fixe lui-même à 30000 liras --- alors que la valeur est au moins trois fois supérieure --- mais en contrepartie, il n’a pas le droit de vendre le terrain durant 10 années (sauf à moi ou à la ferme société) ET je peux utiliser le terrain comme si j’étais toujours propriétaire.

    J’essaie par tous mes efforts de rajouter une clause à notre accord, selon laquelle nous déterminerions une façon de calculer le prix de rachat du terrain, lorsque j’en aurai les moyens. Rien à faire, il refuse catégoriquement de préciser ce point. Je lui exprime ma crainte. Il m’affirme et m’assure :

    -- Ne vous inquiétez pas Isabelle, nous trouverons un arrangement qui vous ira. C’est pour vous que je fais cet accord ; Seulement pour vous aider. Vous pensez bien que je n’ai rien à faire d’un terrain là-bas dans cette région. Je n’en fais pas une histoire de business, mais une histoire d’entraide.  Ce n'est pas rien non plus pour moi d'immobiliser comme ça 30000 liras! Ayez confiance.

    Que faire d’autre !? La transaction a lieu. Je reçois 30000 liras et donne le terrain Lune.

    Arrivons maintenant en octobre 2017, il y a deux mois environ.

    Alors que la transaction avec les jeunes, au sujet du terrain Soleil se prépare, j’espère, et les jeunes aussi, recevoir assez d’argent de cette transaction pour racheter le terrain Lune et ainsi ré-unir la ferme Yunus Emre.

    Aussi, je contacte l’avocat, non sans appréhension je dois dire, car depuis toutes ces années, de petits signes se sont montrés qui m’ont fait sentir que … cet homme n’est peut-être pas aussi « gentil » qu’il veut bien le faire croire….

    Prenant mon courage à deux mains et restant dans mon innocente naïveté, je fais part à l’avocat d’une arrivée d’argent prochaine et lui demande à quel prix il serait d’accord que je rachète le terrain Lune.

    Je vais passer les détails qui non seulement m’échappent à présent, mais pourraient seulement troubler le récit…

    Alors que je pensais pouvoir donner 40000 liras pour racheter le terrain, l’avocat me demande 60000. Le double de ce qu’il m’a donné il y a seulement 4 ans. Je me sens plonger dans une déception sans fond… Il m’explique sa façon de calculer qui joue tant sur l’inflation de la lire turque que sur celle de l’euro… Et alors que je m’écrie à l’injustice, il m’accuse soudain de vouloir le rouler. Il m’accuse de vouloir racheter le terrain à bas prix alors que la valeur des terrains à largement augmenté et je ne lui ai pas dit…

    Effectivement, je ne lui ai pas dit parce que je ne le savais pas.

    Bref.

    L’avocat que je croyais gentil et bien intentionné se révèle finalement tel qu’il est. Tel que je l’avais un tout petit peu soupçonné, sans vouloir l’accepter.

    Bien évidemment nos conversations ne débouchent sur rien. Je suis médusée, confuse, déçue, triste, énervée et je ne sais plus quoi faire.

    Cependant, gardant la vision yoguique des choses, je reste le Témoin… Témoin de mon état piteux, qui balance entre déception et colère envers l’avocat, tristesse et rage envers moi-même pour avoir été aussi stupide… Comment ai-je pu croire que cet homme allait me faire une fleur ????

    Voyant que je suis enfouie sous le voile des émotions, je décide tout simplement de ne rien faire et d’attendre que le Temps passe, sans même donner de nouvelles à l’avocat.

    Et pendant ce Temps sacré, je travaille en silence….

    Car je sais que derrière cette histoire, il y a autre chose… Quelque chose de plus grand qu’un avocat mesquin et une fermière naïve… Quelque chose de plus grand qu’une histoire d’argent, d’inflation et de valeur de terrains… Et ce quelque chose ne tarde pas à se dévoiler.

     

    GRATITUDE

     

    Il me faut réussir à ressentir de la Gratitude pour l’avocat, il me faut réussir à REMERCIER l’avocat  pour me faire vivre cette histoire, car certainement je vais grandir.

    Et alors que je lis ce livre qui m’a été offert au cours de ma formation pour devenir libre financièrement, voici ce que je découvre :

     

    « Pardonnez votre ennemi et vous lui dérobez ses flèches. Elles seront transmuées en bénédictions.”

    et

    « Tout être est un maillon d'or dans la chaîne de mon bien »

     

    Voilà exactement ce dont j’avais besoin.

    Voir en l’avocat un instrument de l’univers pour un plan qui me dépasse.

    Et le REMERCIER.

    Même si je ne sais pas encore de quoi.

    Et le PARDONNER.

    Car certainement quelque chose de plus grand se cache quelque part.

    Gratitude équanime et la force du pardon; 21 déc 2017

     

    Ce ne fut pas si facile mais à présent je ne ressens plus rien qu’une immense confiance.

    J’ai proposé à l’avocat une nouvelle rencontre à son cabinet à Istanbul en février prochain, j’ai choisi la date, le 21 car j'aime cette date; j’ai pris mon billet  d’avion. En totale confiance et force.

     

    Ainsi….

    Cultiver la Gratitude Equanime qui tient du Contentement…

    Recevoir les expériences de la vie avec égalité, quelles que soient leur coloration,

    sachant que se cache certainement des enseignements au delà des formes…

    Et Pardonner à l’autre, celui qui nous fait du mal, le Bénir si nous le pouvons…

    car cela neutralise ses flèches et les transforme en caresses de la vie…

    Et c’est réel …

    A suivre !

     

    Gratitude équanime et la force du pardon; 21 déc 2017